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Nomades Iran

Portait de Babak

Après une longue période de réflexion, c’est en 2016 que Babak s’est installé définitivement dans la province de Chahar Mahaal et Bakhtiari, terre de ses parents et des nomades Bakhtiari.
La population nomade représente désormais moins de 2% de la population totale du pays. Les nomades constituent un troisième groupe avec les citadins et les campagnards et occupent une place importante dans production agricole avec l’élevage de moutons et de chèvres.

L’équipe d’Alkimya a souhaité le rencontrer pour vous en dire plus…

 

Babak iranien

Pourquoi ce projet de vivre en terre Bakhtiari ?

J’avais ce besoin de retourner à mes origines, sur la terre de mes ancêtres afin de mieux comprendre l’Iran et mes origines. J’avais aussi cette volonté de rendre service à la terre de mes ancêtres. À la base, le projet était de ramener mes compétences en apiculture et de les partager. Puis j’ai voulu partager mon environnement, mes connaissances et ma culture avec des voyageurs. La plupart des touristes visitent les grandes villes comme Ispahan, Yazd, Chiraz, mais l’Iran ce n’est pas que ça et il y a de nombreuses choses à voir et à découvrir comme la province de Chahar Mahaal et Bakhtiari qui est très authentique et parfois rustique. Il y est autant possible de faire de la randonnée, de l’alpinisme, que de découvrir la culture bakhtiari et passer du temps sous la tente avec les nomades. Les bakhtiaris ont un rôle important dans la culture iranienne et ont, au-delà du territoire bakhtiari, joué un rôle important dans la vie politique iranienne.

 

Quel est ton regard sur le nomadisme aujourd’hui en Iran et son évolution ?

Le développement des infrastructures depuis une vingtaine d’années à réduit des distances et fait qu’il y a de moins en moins de régions reculées. Toutefois, la transhumance des chèvres et moutons reste un pan important de la culture Bakhtiari. Les nomades sont aujourd’hui dans une phase transitoire entre sédentarisation et nomadisme. On observe un phénomène de semi-nomadisme avec des nomades qui ont leur quartier d’été sous la tente, mais qui ont aussi une maison pour la période hivernale. Les jeunes sont de moins en moins intéressés par l’élevage pastoral et préfèrent partir en ville. À l’avenir, ce phénomène va continuer bien que le tourisme pourrait permettre d’apporter une nouvelle dynamique en diversifiant les revenus des nomades.

 

nomade Bakhtiari

 

Ton premier souvenir de voyage en Iran ?

J’avais 10-11 ans, c’était mon premier retour en Iran, mon premier retour aux sources, ma première rencontre avec ma famille iranienne. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que j’avais une grande famille et surtout que la notion de famille chez les Bakhtiaris qui est très élargie. Un cousin de 4-5 générations est considéré comme un cousin proche. Plus largement c’est le côté chaleureux et accueillant des Iraniens qui m’a marqué comme la majorité des personnes qui visitent l’Iran.

 

province Bakhtiari

 

Ton lieu préféré en Iran ?

Si je dois vraiment choisir un endroit c’est le sommet de Zard Kuh qui est le point culminant des monts Zagros avec une altitude d’environ 4500m. On y retrouve un paysage lunaire où il n’y a rien mise à part des graviers et de la roche. Le fait d’être seul au monde avec le climat particulier des hautes altitudes m’y fait sentir bien. Si je dois donner un deuxième lieu, c’est la vieille ville de Yazd. J’y retrouve aussi ce côté désertique et silencieux, mais avec la chaleur en plus. Ces deux endroits sont pour moi magiques.

 

Un endroit que tu rêves de voir en Iran ?

Ça a été longtemps le Baloutchistan, mais je viens d‘en revenir. Le prochain endroit que je rêve de voir en Iran, c’est le Khorassan. Je souhaite aller à la rencontre des nomades turkmènes afin de découvrir leurs coutumes et traditions et d’observer les similitudes et contrastes entre les différentes tribus.

 

tente nomades iran

 

Un endroit où tu aimes manger et un plat préféré ?

Sans hésiter, sous la tente de la famille de ma femme. Pour le plat, c’est très simple mais délicieux. Un bon bol de doogh frais à base de lait de chèvre avec du pain tiri qui est le pain traditionnel Bakhtiari et un peu de beurre.