Suites réelles#
L’essence des mathématiques, c’est la liberté.
— Georg Cantor
Définitions et exemples fondamentaux#
Définition 67 (Suite réelle)
Une suite réelle est une application \(u : \mathbb{N} \to \mathbb{R}\). On note \(u_n\) l’image de \(n\) et \((u_n)_{n \in \mathbb{N}}\) la suite.
Définition 68 (Suites particulières)
Une suite \((u_n)\) est
constante si \(\exists c \in \mathbb{R},\ \forall n \in \mathbb{N},\ u_n = c\)
stationnaire si \(\exists N \in \mathbb{N},\ \forall n \geq N,\ u_n = u_N\)
arithmétique de raison \(r\) si \(\forall n,\ u_{n+1} = u_n + r\), d’où \(u_n = u_0 + nr\)
géométrique de raison \(q\) si \(\forall n,\ u_{n+1} = q\,u_n\), d’où \(u_n = u_0\,q^n\)
Proposition 84 (Sommes partielles)
Proof. Somme géométrique. Posons \(S = \sum_{k=0}^n q^k\). Alors \(qS = \sum_{k=1}^{n+1} q^k\), donc \(S - qS = 1 - q^{n+1}\), d’où \(S = \frac{1-q^{n+1}}{1-q}\) pour \(q \neq 1\).
Monotonie et bornitude#
Définition 69 (Monotonie et bornitude)
Une suite \((u_n)\) est croissante si \(u_{n+1} \geq u_n\), décroissante si \(u_{n+1} \leq u_n\).
Elle est majorée si \(\exists M,\ \forall n,\ u_n \leq M\) ; minorée si \(\exists m,\ \forall n,\ u_n \geq m\) ; bornée si \(\exists M,\ \forall n,\ |u_n| \leq M\).
Remarque 34
Pour étudier la monotonie on examine le signe de \(u_{n+1} - u_n\), ou, si \(u_n > 0\), le rapport \(u_{n+1}/u_n\) comparé à 1.
Convergence : définition et propriétés#
Définition 70 (Limite d’une suite)
Soit \(\ell \in \mathbb{R}\). On dit que \((u_n)\) converge vers \(\ell\), noté \(u_n \to \ell\), si
Une suite qui ne converge pas est divergente.
Remarque 35
Géométriquement : tout intervalle ouvert \(]\ell - \varepsilon, \ell + \varepsilon[\) contient tous les termes \(u_n\) à partir d’un certain rang \(N(\varepsilon)\).
Proposition 85 (Unicité de la limite)
Si \((u_n)\) converge, sa limite est unique.
Proof. Supposons \(u_n \to \ell\) et \(u_n \to \ell'\) avec \(\ell \neq \ell'\). Pour \(\varepsilon = \frac{|\ell-\ell'|}{2} > 0\), il existe \(N\) tel que pour \(n \geq N\), \(|u_n - \ell| < \varepsilon\) et \(|u_n - \ell'| < \varepsilon\). Alors
contradiction.
Proposition 86 (Suite convergente \(\Rightarrow\) bornée)
Toute suite convergente est bornée. La réciproque est fausse.
Proof. Soit \(\ell = \lim u_n\). Pour \(\varepsilon = 1\), il existe \(N\) tel que \(|u_n| \leq |\ell| + 1\) pour \(n \geq N\). On pose \(M = \max(|u_0|, \ldots, |u_{N-1}|, |\ell|+1)\).
Exemple 27
\(u_n = (-1)^n\) est bornée mais diverge (ses sous-suites paires et impaires convergent vers des limites différentes).
\(u_n = \frac{1}{n}\) converge vers 0 : pour \(\varepsilon > 0\), prendre \(N > 1/\varepsilon\) (Archimède).
\(u_n = q^n\) avec \(|q| < 1\) converge vers 0 : poser \(|q| = \frac{1}{1+h}\), alors \(|q^n| \leq \frac{1}{nh} \to 0\).
Opérations sur les limites#
Proposition 87 (Algèbre des limites)
Si \(u_n \to \ell\) et \(v_n \to \ell'\), alors
\(u_n + v_n \to \ell + \ell'\), \(\quad \lambda\,u_n \to \lambda\ell\), \(\quad u_n v_n \to \ell\ell'\)
Si \(\ell' \neq 0\) : \(v_n \neq 0\) à partir d’un rang et \(\frac{u_n}{v_n} \to \frac{\ell}{\ell'}\)
Proof. Produit. Comme \((u_n)\) est bornée (\(|u_n| \leq M\)) :
Théorèmes de comparaison#
Proposition 88 (Passage à la limite dans les inégalités)
Si \(u_n \leq v_n\) à partir d’un certain rang, \(u_n \to \ell\), \(v_n \to \ell'\), alors \(\ell \leq \ell'\).
L’inégalité stricte ne se conserve pas : \(\frac{1}{n} > 0\) mais \(\lim \frac{1}{n} = 0\).
Proposition 89 (Théorème des gendarmes)
Si \(u_n \leq w_n \leq v_n\) à partir d’un certain rang et \(\lim u_n = \lim v_n = \ell\), alors \(w_n \to \ell\).
Proof. Soit \(\varepsilon > 0\). Il existe \(N\) tel que pour \(n \geq N\), \(u_n \leq w_n \leq v_n\) et \(\ell - \varepsilon < u_n\) et \(v_n < \ell + \varepsilon\). Donc \(|w_n - \ell| < \varepsilon\).
Exemple 28
\(\dfrac{\sin n}{n} \to 0\) : encadrement \(-\frac{1}{n} \leq \frac{\sin n}{n} \leq \frac{1}{n}\).
\(\dfrac{n!}{n^n} \to 0\) : \(0 \leq \frac{n!}{n^n} = \prod_{k=1}^n \frac{k}{n} \leq \frac{1}{n} \to 0\).
Limites infinies#
Définition 71 (Limite infinie)
\((u_n)\) tend vers \(+\infty\) si \(\forall A \in \mathbb{R},\ \exists N,\ \forall n \geq N,\ u_n > A\).
\((u_n)\) tend vers \(-\infty\) si \(\forall A \in \mathbb{R},\ \exists N,\ \forall n \geq N,\ u_n < A\).
Proposition 90 (Comparaison et limite infinie)
Si \(u_n \leq v_n\) à partir d’un certain rang et \(u_n \to +\infty\), alors \(v_n \to +\infty\).
Suites monotones et théorème fondamental#
Proposition 91 (Théorème de la limite monotone)
Toute suite croissante majorée converge (vers \(\sup\{u_n\}\)).
Toute suite décroissante minorée converge (vers \(\inf\{u_n\}\)).
Toute suite croissante non majorée tend vers \(+\infty\).
Proof. Suite croissante majorée. L’ensemble \(\{u_n \mid n \in \mathbb{N}\}\) est non vide et majoré ; soit \(\ell = \sup\{u_n\}\) (propriété de la borne supérieure de \(\mathbb{R}\)). Soit \(\varepsilon > 0\) ; comme \(\ell - \varepsilon\) n’est pas un majorant, il existe \(N\) tel que \(u_N > \ell - \varepsilon\). Pour \(n \geq N\), la croissance donne \(\ell - \varepsilon < u_N \leq u_n \leq \ell\), donc \(|u_n - \ell| < \varepsilon\).
Remarque 36
Ce théorème est faux dans \(\mathbb{Q}\) : la suite \((r_n)\) des approximations décimales de \(\sqrt{2}\) est croissante et majorée dans \(\mathbb{Q}\), mais sa limite \(\sqrt{2}\) n’est pas dans \(\mathbb{Q}\). C’est pourquoi la complétude de \(\mathbb{R}\) est indispensable.
Exemple 29
La suite \(u_n = \sum_{k=0}^{n} \frac{1}{k!}\) converge vers \(e\). Elle est croissante. Pour \(k \geq 1\), \(k! \geq 2^{k-1}\), donc \(u_n \leq 1 + \sum_{k=1}^{n} \frac{1}{2^{k-1}} < 3\).
Suites adjacentes#
Définition 72 (Suites adjacentes)
\((u_n)\) et \((v_n)\) sont adjacentes si \((u_n)\) est croissante, \((v_n)\) est décroissante et \(v_n - u_n \to 0\).
Proposition 92 (Théorème des suites adjacentes)
Si \((u_n)\) et \((v_n)\) sont adjacentes, elles convergent vers une même limite \(\ell\) avec
Proof. \(v_n - u_n \geq 0\) (passage à la limite dans l’inégalité). \((u_n)\) croissante et majorée par \(v_0\), donc converge vers \(\ell\). \((v_n)\) décroissante et minorée par \(u_0\), donc converge vers \(\ell'\). Or \(\ell' - \ell = \lim(v_n - u_n) = 0\).
Exemple 30
Les suites \(u_n = \sum_{k=0}^n \frac{(-1)^k}{k!}\) et \(v_n = u_n + \frac{1}{(n+1)!}\) sont adjacentes et convergent vers \(e^{-1}\).
Suites extraites et valeurs d’adhérence#
Définition 73 (Suite extraite)
Soit \(\varphi : \mathbb{N} \to \mathbb{N}\) strictement croissante. La suite \((u_{\varphi(n)})\) est une suite extraite (sous-suite) de \((u_n)\).
Proposition 93 (Extraction et convergence)
Si \(u_n \to \ell\), toute sous-suite converge vers \(\ell\).
\((u_n)\) converge vers \(\ell\) \(\iff\) \((u_{2n}) \to \ell\) et \((u_{2n+1}) \to \ell\).
Proof. Si \(u_n \to \ell\), pour \(\varepsilon > 0\), il existe \(N\) tel que \(|u_n - \ell| < \varepsilon\) pour \(n \geq N\). Comme \(\varphi(n) \geq n\) (strictement croissante à valeurs dans \(\mathbb{N}\)), \(\varphi(n) \geq N\) pour \(n \geq N\), donc \(|u_{\varphi(n)} - \ell| < \varepsilon\).
Définition 74 (Valeur d’adhérence)
\(\ell\) est une valeur d’adhérence de \((u_n)\) s’il existe une sous-suite \((u_{\varphi(n)})\) convergeant vers \(\ell\).
Exemple 31
La suite \(u_n = (-1)^n + \frac{1}{n+1}\) a deux valeurs d’adhérence : \(+1\) et \(-1\).
La suite \(u_n = \sin\!\left(\frac{n\pi}{3}\right)\) a pour valeurs d’adhérence \(\{0, \pm\frac{\sqrt{3}}{2}, \pm 1\}\).
Théorème de Bolzano-Weierstrass#
Proposition 94 (Théorème de Bolzano-Weierstrass)
Toute suite bornée admet au moins une sous-suite convergente.
Proof. Soit \((u_n) \subset [a, b]\). On construit par dichotomie une suite d’intervalles emboîtés \([a_k, b_k]\) : à chaque étape, au moins l’une des deux moitiés contient une infinité de termes ; on la choisit. On a \(b_k - a_k = \frac{b-a}{2^k} \to 0\) ; les suites \((a_k)\) et \((b_k)\) sont adjacentes, donc convergent vers un même \(\ell\).
On extrait \(\varphi\) : \(\varphi(0)\) quelconque dans \([a_0, b_0]\), puis \(\varphi(k+1) > \varphi(k)\) avec \(u_{\varphi(k+1)} \in [a_{k+1}, b_{k+1}]\). Par les gendarmes, \(u_{\varphi(k)} \to \ell\).
Remarque 37
Bolzano-Weierstrass est équivalent à la propriété de la borne supérieure et sera essentiel pour la compacité dans \(\mathbb{R}^n\).
Suites de Cauchy et complétude de \(\mathbb{R}\)#
Définition 75 (Suite de Cauchy)
\((u_n)\) est une suite de Cauchy si
Remarque 38
La condition de Cauchy dit que les termes de la suite se rapprochent les uns des autres, sans référence à une limite a priori. C’est une condition intrinsèque à la suite.
Proposition 95 (Théorème de complétude de \(\mathbb{R}\))
Dans \(\mathbb{R}\), une suite est convergente si et seulement si elle est de Cauchy.
Proof. (\(\Rightarrow\)) Supposons \(u_n \to \ell\). Soit \(\varepsilon > 0\) ; il existe \(N\) tel que \(|u_n - \ell| < \varepsilon/2\) pour \(n \geq N\). Pour \(p, q \geq N\) :
(\(\Leftarrow\)) Supposons \((u_n)\) de Cauchy.
Bornitude. Pour \(\varepsilon = 1\), il existe \(N\) tel que \(|u_p - u_q| < 1\) pour \(p,q \geq N\). En particulier \(|u_n| \leq |u_N| + 1\) pour \(n \geq N\), donc \((u_n)\) est bornée.
Existence d’une valeur d’adhérence. Par Bolzano-Weierstrass, il existe une sous-suite \(u_{\varphi(n)} \to \ell\).
Convergence de la suite entière. Soit \(\varepsilon > 0\). Il existe \(N_1\) (Cauchy) tel que \(|u_p - u_q| < \varepsilon/2\) pour \(p,q \geq N_1\), et \(N_2\) tel que \(|u_{\varphi(n)} - \ell| < \varepsilon/2\) pour \(n \geq N_2\). Soit \(n \geq N_1\) ; on choisit \(k \geq N_2\) avec \(\varphi(k) \geq N_1\) :
Remarque 39
Ce théorème caractérise la complétude de \(\mathbb{R}\). Dans \(\mathbb{Q}\), il est faux : la suite \(u_n = \sum_{k=0}^n \frac{1}{k!}\) est de Cauchy dans \(\mathbb{Q}\) mais converge vers \(e \notin \mathbb{Q}\).
La complétude est la propriété fondamentale qui distingue \(\mathbb{R}\) de \(\mathbb{Q}\) du point de vue de l’analyse.
Suites récurrentes et toile d’araignée#
Définition 76 (Suite récurrente)
Une suite définie par récurrence est donnée par \(u_0 \in I\) et \(u_{n+1} = f(u_n)\), où \(f : I \to I\).
Proposition 96 (Condition de convergence : point fixe)
Si \((u_n)\) converge vers \(\ell\) et \(f\) est continue en \(\ell\), alors \(f(\ell) = \ell\) (point fixe de \(f\)).
Proposition 97 (Théorème du point fixe contractant)
Soit \(f : [a,b] \to [a,b]\) avec \(|f(x) - f(y)| \leq k\,|x - y|\) pour un \(k \in [0, 1[\) (contraction). Alors \(f\) a un unique point fixe \(\ell\) et pour tout \(u_0 \in [a,b]\), \(u_{n+1} = f(u_n)\) converge vers \(\ell\) avec
Proof. \((u_n)\) est de Cauchy car \(|u_{n+p} - u_n| \leq k^n\,|u_p - u_0|/(1-k) \to 0\), donc converge vers \(\ell \in [a,b]\), qui vérifie \(f(\ell) = \ell\) par passage à la limite. L’unicité vient de \(|\ell - \ell'| = |f(\ell) - f(\ell')| \leq k|\ell - \ell'|\) impliquant \(\ell = \ell'\).
Exemple 32
Méthode de Newton-Héron pour \(\sqrt{a}\).
\(u_{n+1} = \frac{1}{2}\!\left(u_n + \frac{a}{u_n}\right)\) converge vers \(\sqrt{a}\) avec convergence quadratique :
l’erreur est au carré à chaque itération.
Erreurs Newton-Héron :
n=0: erreur = 1.59e+00
n=1: erreur = 4.19e-01
n=2: erreur = 4.79e-02
n=3: erreur = 7.85e-04
n=4: erreur = 2.18e-07
n=5: erreur = 1.67e-14
n=6: erreur = 2.22e-16
n=7: erreur = 2.22e-16
Suites récurrentes linéaires d’ordre 2#
Définition 77 (Récurrence linéaire d’ordre 2)
Une suite satisfait une récurrence linéaire d’ordre 2 si
Proposition 98 (Résolution par équation caractéristique)
L”équation caractéristique est \(r^2 = ar + b\), soit \(r^2 - ar - b = 0\).
Deux racines réelles distinctes \(r_1 \neq r_2\) : \(u_n = \alpha\,r_1^n + \beta\,r_2^n\)
Racine double \(r_0\) : \(u_n = (\alpha + \beta n)\,r_0^n\)
Racines complexes conjuguées \(r = \rho\,e^{\pm i\theta}\) : \(u_n = \rho^n(\alpha\cos(n\theta) + \beta\sin(n\theta))\)
Les constantes \(\alpha, \beta\) sont déterminées par les conditions initiales \(u_0, u_1\).
Exemple 33
Suite de Fibonacci. \(F_0 = 0\), \(F_1 = 1\), \(F_{n+2} = F_{n+1} + F_n\).
Équation caractéristique : \(r^2 - r - 1 = 0\), racines \(\varphi = \frac{1+\sqrt{5}}{2} \approx 1{,}618\) (nombre d’or) et \(\hat{\varphi} = \frac{1-\sqrt{5}}{2}\).
Formule de Binet : \(F_n = \frac{\varphi^n - \hat{\varphi}^n}{\sqrt{5}}\).
Comme \(|\hat{\varphi}| < 1\), \(\hat{\varphi}^n \to 0\) donc \(F_n \sim \frac{\varphi^n}{\sqrt{5}}\) et \(\frac{F_{n+1}}{F_n} \to \varphi\).
Nombre d'or φ = 1.6180339887
F_20/F_19 = 1.6180340557
Théorème de Cesàro#
Proposition 99 (Théorème de Cesàro)
Si \(u_n \to \ell \in \mathbb{R} \cup \{+\infty, -\infty\}\), alors
La réciproque est fausse : la moyenne de Cesàro peut converger sans que \((u_n)\) converge.
Proof. Cas \(\ell \in \mathbb{R}\). Notons \(\sigma_n = \frac{1}{n+1}\sum_{k=0}^n u_k\) et \(v_n = u_n - \ell\). On a \(v_n \to 0\), et il s’agit de montrer \(\frac{1}{n+1}\sum_{k=0}^n v_k \to 0\).
Soit \(\varepsilon > 0\). Il existe \(N\) tel que \(|v_k| < \varepsilon/2\) pour \(k \geq N\). Pour \(n > N\) :
Pour \(n\) assez grand, le premier terme est \(< \varepsilon/2\), ce qui donne \(|\sigma_n - \ell| < \varepsilon\).
Exemple 34
\(u_n = (-1)^n\) diverge, mais \(\sigma_n \to 0\).
\(u_n = n\) implique \(\sigma_n = \frac{n}{2} \to +\infty\).
Corollaire de Stolz-Cesàro : si \(b_n \nearrow +\infty\) et \(\frac{a_n - a_{n-1}}{b_n - b_{n-1}} \to \ell\), alors \(\frac{a_n}{b_n} \to \ell\).
Équivalents et comparaisons asymptotiques#
Définition 78 (Notations de Landau pour suites)
Soient \((u_n)\) et \((v_n)\) des suites avec \(v_n \neq 0\) à partir d’un rang.
\(u_n = O(v_n)\) si \(\exists C > 0,\ \exists N,\ \forall n \geq N,\ |u_n| \leq C|v_n|\)
\(u_n = o(v_n)\) si \(\frac{u_n}{v_n} \to 0\)
\(u_n \sim v_n\) (équivalent) si \(\frac{u_n}{v_n} \to 1\)
Proposition 100 (Propriétés des équivalents)
\(u_n \sim v_n \implies \lim u_n = \lim v_n\) (si la limite existe)
\(u_n \sim v_n\) et \(v_n \sim w_n \implies u_n \sim w_n\) (transitivité)
\(u_n \sim v_n\) et \(u_n' \sim v_n' \implies u_n u_n' \sim v_n v_n'\) (produit)
Attention : \(u_n \sim v_n\) n’implique PAS \(e^{u_n} \sim e^{v_n}\) en général.
Exemple 35
Équivalents classiques. Pour \(n \to +\infty\) :
\(\ln(n!) \sim n\ln n\) (Stirling : \(n! \sim \sqrt{2\pi n}\,\left(\frac{n}{e}\right)^n\))
\(\binom{2n}{n} \sim \frac{4^n}{\sqrt{\pi n}}\)
\(\sum_{k=1}^n \frac{1}{k} \sim \ln n\) (série harmonique)
\(\sum_{k=1}^n \frac{1}{k} = \ln n + \gamma + O(1/n)\) où \(\gamma \approx 0{,}5772\) est la constante d’Euler-Mascheroni
Constante d'Euler-Mascheroni γ ≈ 0.577216
H_100 = 5.187378, ln(100)+γ = 5.182386
Récapitulatif : implications entre propriétés#